dimanche, août 25, 2019

« LES OCCIDENTAUX DOIVENT RESTITUER LES OBJETS D’ARTS VOLÉS À L’AFRIQUE »

Leader par excellence du panafricanisme, Linus FOGAP président continental de l’ONG Jeunesse Panafricaine (JEPA) demande aux occidentaux de restituer les objets d’art volés en Afrique. C’est un jeune étudiant camerounais en cycle d’histoire à l’université de Dschang qui dans ses études en histoire développent en lui l’esprit panafricain et il se lance dans le combat pour les libertés et la libération de l’Afrique du joug de la colonisation.  

C’est au cours d’un entretien qu’il a dévoilé ses intentions sur cette pétition pour demander la restitution des valeurs africaines aux chefs d’Etats français, belge et espagnol et autres. Voici l’intégral de l’échange

Présentez-nous-en bref la JEPA ?

La JEPA est une organisation non gouvernementale, créée officiellement en 2016 au Cameroun et adoptée par toute la Jeunesse Panafricaine. La JEPA lutte pour l’unité et la souveraineté totale du continent noir, laquelle souveraineté passe par l’éveil de conscience, la formation et l’information de la Jeunesse Africaine. Basée au Cameroun, elle est représentée dans plusieurs pays du continent et de la diaspora, le but est de s’implanter partout dans le monde où se trouve des jeunes africains soucieux du devenir de l’Afrique qui passera par l’Union entre nos peuples. La “JEPA” contribue à l’édification d’une société africaine digne, meilleure, souveraine et compétitive à l’échelle mondiale.

Le 17 février 2019, vous avez adressé aux chefs d’États de la FRANCE, BELGIQUE, ESPAGNE, l’Angleterre, L’ALLEMAGNE ET DU RESTE DE LA « COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE » une « DEMANDE DE RESTITUTION DES OBJETS D’ART VOLES EN AFRIQUE ». Peut-on connaitre le contenu de cette correspondance ?

Il s’agit ici de rappeler à ces chefs d’États l’histoire de l’Afrique. En effet, l’ex président français Nicolas Sarkozy avait déjà nié à l’Afrique une histoire, alors le contenu de cette pétition viens rappeler l’existence des dizaines de milliers d’œuvres d’arts africains sculpté par nos ancêtres, ces œuvres d’arts traduisent l’histoire de nos familles, de leurs liens ancestraux, ce qui permet bien évidemment de savoir ce que nous étions, d’où nous venions avant leur arrivée.

Pourquoi cette initiative aujourd’hui, pas avant ?

Aujourd’hui, la Jeunesse Africaine est debout, s’intéresse de temps à temps à son histoire. Cette soif de connaissance de notre culture nous envoie à nous interroger sur les événements passés de l’humanité, le rôle de l’homme noir dans le processus historique de l’humanité. Mais également la mutation démographique que connait la Jeunesse Africaine, nous met face à notre histoire, dans la mesure où nous nous retrouvons dans des pays où la culture reste très importante dans leur processus de réalisation, tandis qu’un grand nombre de jeunes africains ignorent leur culture. Enfin par avant, par ce que l’élite d’aujourd’hui ne doit rien au système complice des déportations de nos traditions.

Avez-vous reçu mandat des chefs d’Etats africains ?

Non, nous le faisons de nous-même pour restaurer et reconstruire notre histoire.

Vous accusez dans votre correspondance, chacun de ces États d’avoir « … volées, pillés, bafouée la dignité, tronquée l’histoire… » les mots choisis sont forts accusateurs Monsieur Linus Fogap. Avez-vous des preuves ?

Les mots choisis ici sont d’une importance capitale, il ne s’agit pas d’une correspondance ou déclaration axée sur des préjugés ou sur des idées reçues. Il s’agit bien évidemment des faits vérifiés et vérifiables qui démontrent et attestent que nos biens ont été volés, notre patrimoine a été volé, notre histoire a été tronquée. Et même la déclaration de Nicolas Sarkozy à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en dit plus. De même, la justification de cela part du fait que des associations tel que le conseil Représentatif des Associations Noirs en France (CRANF) a mené des enquêtes qui prouvent et démontrent à suffisance que ses biens ont été volés. C’est sur ces enquêtes menées que nous nous appuyons pour réclamer ses biens aujourd’hui. Enfin, vous avez lu la déclaration il n’y a pas longtemps du président Patrice Talon du Bénin qui demande à la France la restitution du patrimoine béninois. On a vu tout récemment la RD Congo qui est allé dans le même sens pour demander la restitution des biens culturels africains. Plusieurs autres organisations de la société civile ont fait ce même appel même si elles n’y sont pas prises comme nous. Voici là, des éléments historiques factuels et vérifiables sur lesquels nous nous basons pour demander la restitution de nos patrimoines. Nous en avons besoin pour construire notre histoire, ce sont des legs. C’est pourquoi nous rendons un vibrant hommage à Cheikh Anta Diop qui a parlé de conscience historique, ainsi la connaissance de cette conscience historique passe par la restitution de ses biens, par ce que ses biens parlent de notre histoire et nous devons absolument maîtriser un certain nombre de choses à travers ses biens. À tout ceci s’ajoute des ouvrages scientifiques.

Enfin, envisagez-vous des actions plus concrètes pour vous faire entendre auprès de ces États ?

Pour le moment, nous nous contentons de cette déclaration et nous osons croire que ces États-là, vont réagir et si cela ne se fait pas, nous allons entamer des actions juridiques sur la base des dispositions des Nations unies qui  d’après La résolution 42/7 issue de l’Assemblée générale du 22 octobre 1987, dans son préambule 22: ” le retour des biens culturels de valeur spirituelle et culturelle fondamentale, à leur pays d’origine est d’une importance capitale pour les peuples concernés, en vue de restituer des collections représentatives à leurs patrimoines culturels”.

 Propos recueillis  par Donfack Tspagou 

 

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