dimanche, août 25, 2019
Tunisie : je travaille sans salaire et ma liberté confisquée

Située à 142 kilomètres de la capitale Tunis, dans la ville de Bembla , au sud de la Tunisie, un jeune ivoirien du nom de Yale est gardé contre son gré par son employeur depuis bientôt 3 mois dans une ferme agricole.

 

 

Arrivé en Tunisie dans le mois de février par le biais d’une compatriote à la demande d’un tunisien à la recherche d’une main-d’œuvre pour sa ferme agricole.

Yale a rejoint son employeur qui lui garantissait un salaire et de meilleures conditions de travail, nous explique-t-il.

 

« Je travaille dans une ferme agricole où nous faisons la culture de piment sous serre.

Avant d’arriver, je connaissais déjà les réalités en ce qui concerne la pénalité pour séjour irrégulier en Tunisie. J’ai demandé une régularisation à mon patron afin de pouvoir déposer un dossier pour la carte de séjour.

Il m’avait répondu qu’il s’en chargerait, mais cela fait des mois et rien n’est fait.

Depuis le 20 mai je suis en situation irrégulière sur le sol tunisien.

En plus de ma non-régularisation, mon employeur confisquait mon salaire. J’ai demandé mon salaire pour pouvoir entamer personnellement les démarches « m’inscrire dans une école comme étudiant, afin d’avoir ma carte de séjour. »

Depuis 6 mois j’ai perçu que deux mois de salaire « mars et avril » j’ai encore des mois impayés par mon employeur ( le salaire fait 600 dinars tunisien NDLR).

J’ai travaillé sans congé pendant 6 mois dans cette ferme, après la récolte du piment, nous avons retiré les bâches et tout.

Pendant la semaine de l’Aïd j’ai demandé un congé pour me rendre visite à ma tutrice à Tunis, mais il a refusé.

Depuis qu’il (mon patron) sait que je suis en situation irrégulière il ne me permet plus d’aller même au marché sous prétexte que la police va m’arrêter et me refouler.

Je vis constamment dans le stress et l’angoisse, depuis 3 mois je ne sors plus j’ai plus de vie ni de loisir.

Le matin je vais au champ et le soir je rentre.

Après une grève de travail, j’ai réussi à récupérer mon passeport qu’il gardait depuis mon arrivée.

Aujourd’hui je demande qu’il me paie mes arriérés et me libère. »

Comme Yale, ils sont des milliers de subsahariens dans cette situation, oubliés pour compte, ils souffrent le martyr,abusés par des employeurs véreux, leurs cris restent inaudibles. La société civile tunisienne fait des efforts, mais elle pourrait faire un peu plus pour que les droits de ces travailleurs migrants soient respectés. 

 Contactez la rédaction : contact@rlf-media.com

Tags: , ,

0 Comments

Leave a Comment

Archivies

Catégories

Archivies