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BILLET RETOUR AU CONGO BRAZZAVILLE : SOUS LE REGNE DE SASSOU NGUESSO ‘’SCANNER D’UN REGIME TOTALITAIRE, DICTATORIAL ET CORROMPU’’

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Pour un pays de cette superficie, la République du Congo est peu peuplée, avec une population de 5,2 millions d’habitants (2017), dont plus de la moitié est concentrée dans ses deux plus grandes villes : Brazzaville et Pointe-Noire. Le reste du territoire est l’un des moins denses d’Afrique, avec à peine 12,8 habitants par kilomètre carré.
 
En grande partie recouvert de forêts tropicales, le territoire du Congo-Brazzaville abrite également de vastes terres arables non cultivées, qui représentent environ un tiers de sa superficie totale. Le pays possède d’importants gisements d’hydrocarbures, avec des réserves de pétrole et de gaz naturel estimées respectivement à 1,6 milliard de barils et 90 milliards de mètres cubes.
 
La République du Congo fait ainsi partie des dix plus gros producteurs de pétrole d’Afrique. Ses abondantes ressources minières sont pour la plupart non exploitées.
Dans son dernier Plan national de développement (2018-22), le gouvernement affiche de nouvelles ambitions et prévoit d’améliorer la gouvernance, de renforcer le capital humain et de diversifier l’économie.
Le plan table sur une reprise économique rapide doublée d’une croissance durable et inclusive.
Ce pendant n’est-ce pas là une autre ruse pour se maintenir au pouvoir ? 35ans de règne continu n’ont-ils pas suffit au clan SASSOU pour accomplir toutes les missions de développement pour un si petit pays à fort potentiel économique ?
Que se passe-t-il en vérité dans ce pays ?
La République de Congo est aujourd’hui vu comme un pays dévasté par le règne sans partage et dictatorial du clan SASSOU dont le chef cumule bientôt trente-cinq ans à la tête de l’Etat (de 1979 à 1992, puis depuis 1997)
Ce pays aux ressources hydrauliques et forestières inestimables, au sous-sol riche en minerais et notamment en pétrole est devenu membre de l’OPEP. Et pourtant les Congolais qui ne sont à peine que 5,2 millions d’abitants ne bénéficient pas de ces ressources. Plus de 40% de Congolais vivent sous le seuil de pauvreté.
Dans ce pays, l’eau potable manque pour le grand nombre. L’école végète, le système de santé agonise. Les fonctionnaires peinent à recevoir leur solde. Les arriérés de pensions des retraités s’accumulent. Les bourses des étudiants ne sont plus versées.
Comment en est-on arrivé là ? Comment, après plus de dix ans de boom pétrolier qui se sont traduits par d’importants excédents budgétaires, l’économie du pays est-elle devenue aussi exsangue ?
La situation du Congo, trop vite attribuée à la chute des prix du baril sur le marché international a cependant des responsables bien connus.
Le premier de ces responsables est Denis Sassou Nguesso qui totalise à ce jour 35 ans de pouvoir sans partage.
Battu lors des élections démocratiques de 1992, Sassou Nguesso est revenu à la tête du pays en 1997 après un sanglant coup d’État.
En 2015 la loi fondamentale de 2002, taillée sur mesure l’empêche de se représenter. Il opère cependant un passage en force en décrétant un changement de Constitution. Puis en 2016, il organise un hold-up électoral.
Depuis lors, toute opposition est muselée et réprimée. Les populations civiles sont terrorisées, les procès staliniens se poursuivent tout comme les crimes humains notamment dans le département du Pool.
Sassou Nguesso a érigé la criminalité en un système de gouvernance et l’a institutionnalisée dans sa constitution actuellement en vigueur qui stipule à l’article 96 qu’ : « aucune poursuite pour des faits qualifiés de crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs (…) ne peut … être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions ». Que peuvent alors espérer, dans ces conditions, les parents des jeunes adolescents tués récemment au commissariat de police de Chacona à Brazzaville ?
 
Une logique sous-tend tout cela : le népotisme. Il est de notoriété publique que le fils de Denis Sassou Nguesso, déjà en campagne, veut succéder à son père. Mais, n’est-il pas évident que ce fils a tout sauf le mérite ? Les Congolais et le monde entier se souviendront de l’affaire de « Panama Papers ». Selon l’enquête du « Consortium de journalistes », les avoirs bancaires du fils-prétendant et d’un des neveux, engloutis dans les différents comptes disséminés à travers les paradis fiscaux s’élèveraient à 6,685 milliards de dollars soit l’équivalent de 73,14 % du montant de la dette totale du Congo évaluée en 2018 à environ 9,14 milliards de dollars par le FMI. D’ailleurs le 6 aout dernier une enquete de l’ONG britannique Global Witness revelait comment le Fils cadet du président, Denis Christel Sassou-Nguesso a pu détourner près de 50 millions de dollars (près de 45 millions d’euros) des caisses de l’Etat. Pour ce faire, Denis Christel Sassou-Nguesso a opéré en osmose avec un ami de la famille, José Veiga. Ce dernier, ancien directeur du club de football de Benfica, à Lisbonne, est un homme d’affaires originaire du Portugal, où il est, depuis 2016, visé par une enquête pour fraude, corruption et blanchiment d’argent, en lien étroit avec les Sassou-Nguesso.
 
En fait, tout le pays a été mis en coupe réglée par le clan au pouvoir atteint par des scandales de corruption et de concussion avérés sur lesquels la justice congolaise, malheureusement aux ordres, ne peut enquêter. Alors, l’impunité devenue la règle, triomphe !
Mais un tyran, si cruel soit-il, ne tient pas sans ressort intérieur et appuis extérieurs.
Sur le plan intérieur, il faut noter que la vertu, fondement du gouvernement républicain, n’est pas le ressort qui meut les autorités congolaises. Celles-ci sont sous l’emprise de la manducation dont la conséquence évidente est le règne de la « politique du ventre » et la prolifération des « antivaleurs » décriées récemment par les Évêques congolais.
Sur le plan extérieur, le système Sassou Nguesso bénéficie également de soutiens bien connus.
Qui a financé la reconquête du pouvoir par Sassou Nguesso en 1997, si ce n’est la compagnie pétrolière Elf devenue Total avec l’appui des autorités françaises de l’époque.
Le 30 juin 1998, le Président Jacques Chirac se réjouissait à Luanda  de l’intervention militaire de l’Angola au Congo-Brazzaville, déclarant : « Denis Sassou Nguesso s’est engagé à mettre en œuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de 2 ans » (cf. F-X Verschave, Noir Silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, Paris, les arènes, 2000, p. 16). Depuis lors, ce dernier s’y accroche obstinément.
Qui a berné le FMI pour permettre au régime de Sassou Nguesso d’être éligible à l’initiative pays pauvre très endetté, si ce n’est encore Total avec le soutien de la BNP (cf. J. Baruch, In Le Monde, « Economie et entreprises », 11 avril 2018, p. 3.)
 

Et pour quels résultats !

 
Aujourd’hui, comme dans les années 1980, le Congo est bloqué. Il ploie sous une dette insoutenable, sans précédent dans la Zone Franc Cfa : plus de 117% du PIB comme l’atteste le FMI. Une fois de plus, Sassou Nguesso a conduit le Congo à la faillite généralisée.
Alors il est temps pour le clan SASSOU de rendre le tablier à la démocratie, à la bonne gouvernance, au partage équitable des richesses du pays, à la liberté d’expression et au développement inclusif et durable des populations congolaises.
Dans cette perspective il faut que la communauté internationale aide les peuples congolais à retrouver leur liberté confisquée, il faut que la France et les multinationales tel que TOTAL, qui ont imposé il y a 21 ans le retour de Sassou Nguesso au pouvoir au Congo par les armes, assument leur part de responsabilité et se désolidarise du pouvoir génocidaire du clan SASSOU et enfin il faudra que le peuple congolais fassent barrage aux manœuvres actuellement en cours et qui visent à organiser une succession dynastique au Congo.
 
 
Jean-Bedel GNABLI
Contactez la rédaction : contact@rlf-media.com
 
 
 

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